US-Algerian relations

    
    Ietm 1-a
    
    El Watan
    December 29, 1997
    Page 1
    
    
    LES RELATIONS ALGERO-AMERICAINES
    Au beau fixe
    
    
    Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Algérie a présenté,
    hier, ses lettres de créances au président Liamine Zeroual. Dans
    une déclaration à la presse, il a affirmé que "le progrès vers la
    construction des institutions démocratiques, la réalisation de
    la réforme de l'économie de mar-ché et l'encouragement d'une
    société civile vigoureuse sous un Etat de droit créeraient (...) de
    nouvelles opportunités pour développer" les relations
    algéro-américaines.
    Par TAYEB BELGHICHE
    La position américaine à l'égard
    de la situation en Algérie est extrê-mement
    importante. Elle pourrait
    même être déterminante vu la
    grande influence des Etats-Unis
    dans la gestion des affaires interna-tionales.
    Depuis 1995, un net rap-prochement
    est perceptible entre les
    deux pays, qui contraste avec l'hos-tilité
    constatée les années précé-
    dentes. En réalité, depuis l'indépen-dance,
    en 1962, les relations n'ont
    jamais été au beau fixe. Politique-ment,
    l'Algérie était plutôt proche du
    bloc soviétique. Elle était à la tête
    des pays hostiles à l'intervention US
    au Vietnam et avait adopté une posi-tion
    militante contre Israël, le grand
    protégé de Washington.
    A la conférence de Paris de 1974,
    sur le nouvel ordre économique
    international, Algériens et Améri-cains
    se sont affrontés directement,
    les premiers pour défendre le tiers-monde
    et les seconds les pays
    industrialisés. Après la mort de Bou-mediène,
    l'Algérie s'est fait plus dis-crète
    et ne s'est pas manifestée
    dans une quelconque action gêna-nte
    pour les intérêts US. Mieux,
    grâce à sa médiation, des diplo-mates
    américains pris en otage par
    le régime de Téhéran ont été libérés
    en 1980.
    Après Octobre 1988, la prétention
    de l'Algérie à rejoindre les nations
    démocratiques ne laisse pas indiffé-rent.
    Malheureusement, l'expérience
    en cours favorise la montée en puis-sance
    du courant islamiste. Le pou-voir
    de l'époque fait preuve d'une
    extrême faiblesse qui permet au FIS
    de s'ériger en alternative.
    Les nations occidentales, pour pré-server
    leurs intérêts, s'accommodent
    du parti de Abassi Madani, si elles ne
    le soutiennent pas. Anouar Haddam,
    à partir de Washington, se permet de
    revendiquer en toute impunité les
    crimes perpétrés par les islamistes.
    Me Casey, ambassadeur des Etats-Unis,
    reçue en audience en 1994 par
    M. Liamine Zeroual alors président
    de l'Etat, lui déclare crûment : "Qui
    me dit que vous serez à votre poste
    dans six mois ?" C'est dire que tout le
    monde faisait de fausses analyses. A
    la même époque, le New York Times
    prévoyait la chute du régime dans six
    mois.
    L'attentat du World Trade Center
    à New York va provoquer un déclic.
    Les Américains commencent à s'in-terroger
    sérieusement sur l'islamis-me.
    Ils arrivent à la conclusion qu'il
    constitue une menace potentielle
    pour leurs intérêts, surtout au
    Proche-Orient où ils ont été ciblés
    par des attentats terroristes.
    Doucement mais sûrement, ils
    commencent à réviser leur position.
    La fantastique réaction populaire
    après l'élection du président Zeroual
    les impressionne et les fixe définiti-vement.
    Ils changent alors de cap.
    Pour eux, mieux vaut s'accommoder
    d'un système démocratique, dusse-t-
    il être mauvais, que soutenir une
    république islamique, du genre Iran
    ou Soudan, prête à tout pour impo-ser
    l'idéologie intégriste à travers le
    monde. Les Américains passent à
    l'acte. Ils mettent en prison Anouar
    Haddam, pour "violation de la loi sur
    l'immigration", et lui refuse le droit
    d'asile tout en rejetant sa demande
    de remise en liberté provisoire sous
    caution. En même temps, le GIA est
    inscrit sur la liste des organisations
    terroristes à combattre par tous les
    moyens et en sanctionner tous ceux
    qui les soutiennent.
    Les massacres en Algérie pro-voquent
    certes émotion et choc
    aux Etats-Unis. Mais, contraire-ment
    aux réactions en Europe, l'in-formation
    est rapportée de façon
    équilibrée sans qu'il y ait une mise
    en accusation du pouvoir. On ne
    s'interroge pas sur "qui tue qui ?".
    Même la presse américaine est
    modérée dans son ensemble, à
    l'exception parfois de ses corres-pondants
    à Londres et à Paris,
    influencés sans doute par les ges-ticulations
    de certains courants
    européens qui volent plus au
    secours du terrorisme qu'au
    peuple algérien et à sa composan-te
    démocrate.
    ––––––––––––––––––––––––––––
    Appui à Zeroual
    ––––––––––––––––––––––––––––
    Comprenant qu'il est illusoire de
    miser sur un islamisme modéré, ils
    ont proclamé ouvertement leur
    appui au programme de Zeroual.
    Washington a d'ailleurs manifesté
    son enthousiasme pour l'envoi
    d'observateurs lors des élections
    législatives, et ont incité d'autres
    pays à agir dans le même sens
    alors que les Européens ont fait
    preuve de frilosité et se sont diffici-lement
    déterminés.
    En outre, le rapport annuel du
    département d'Etat sur les droits
    de l'homme, très sévère à l'égard
    du pouvoir, devient plus nuancé à
    partir de 1996 et signale une amé-lioration
    dans le domaine, souli-gnant
    que les abus et dépasse-ments
    sont souvent sanctionnés. Il
    faut dire que la bestialité des
    crimes commis par les islamistes
    ne laissent insensibles que ceux
    qui veulent bien se voiler la face.
    C'est ce qui explique "le soutien
    américain aux mesures militaires
    du président Zeroual" dans le com-bat
    contre le terrorisme.
    Pour les Etats-Unis, l'Algérie
    est un pays hautement stratégique.
    Pour cette raison, il la considère
    comme un "Etat pivot", c'est-à-dire
    que s'il est dans une situation de
    faiblesse, les pays figurant dans
    son environnement en subiront le
    contre-coup. L'inverse est évidem-ment
    vrai. D'où la nécessité de l'ai-der
    pour assurer la stabilité régio-nale.
    C'est sans doute pour cette
    raison que nous assistons à une
    sensible montée de l'investisse-ment
    américain en Algérie. Les
    Etats-Unis sont devenus en une
    période relativement courte notre
    deuxième client et notre troisième
    fournisseur dans le monde. Le
    volume global des échanges pour
    1996 est évalué à 2,5 milliards de
    dollars avec un excédent de 940
    millions de dollars en faveur de
    notre pays.
    Les hydrocarbures sont le
    domaine privilégié de la coopéra-tion
    algéro-américaine. En dix ans,
    les Etats-Unis ont investi plus de 2
    milliards de dollars dans le secteur.
    Les sociétés comme Anadarko,
    ARCO, et Amoco sont déjà pré-sentes
    sur le terrain et d'autres
    négociations sont en cours, notam-ment
    avec Exxon.
    Un rapport du département
    d'Etat, publié en 1996, encourage
    les hommes d'affaires américains
    à s'intéresser au marché algérien.
    Depuis, des délégations d'entre-prises
    comme Marathon Power et
    US Stell ont séjourné à Alger en
    avril dernier et ont discuté avec
    Sonelgaz dans le domaine de
    l'électricité et Sider à propos du
    complexe sidérurgique d'El Hadjar.
    L'ancien secrétaire à la défense,
    Dick Cheney, président du groupe
    Halliburton, était en mai à Alger
    pour discuter des opportunités d'in-vestissement
    dans le secteur
    minier, entre autres.
    En outre, la société Boeing
    aurait manifesté son intérêt pour le
    renouvellement de la flotte d'Air
    Algérie.
    Enfin, les Américains souhaite-raient
    investir dans les secteurs
    des détergents, de l'habitat et des
    grands travaux.
    A la lumière de ce qui précède,
    il apparaît que les Etats-Unis dési-rent
    avant tout la stabilité du
    Maghreb, comme l'atteste leur
    appui à la démarche de l'ancien
    secrétaire d'Etat, James Baker,
    pour une solution négociée et
    conforme au droit international du
    problème du Sahara occidental.
    
    Cameron R. Hume : "De nouvelles
    opportunités pour développer
    les relations bilatérales"
    Je suis heureux d'être ici en
    Algérie et me réjouis de cette pre-mière
    occasion qui m'est donnée
    de m'adresser à la presse algé-rienne.
    Dans ma discussion avec
    le président Zeroual, j'ai affirmé, au
    nom du gouvernement américain,
    l'importance que ce dernier accor-de
    à ses relations avec l'Algérie et
    aux possibilités de leur renforce-ment
    à l'avenir.
    Le progrès vers la construction
    des institutions démocratiques, la
    réalisation de la réforme de l'éco-nomie
    de marché et l'encourage-ment
    d'une société civile vigoureu-se
    sous un Etat de droit créeraient
    pour nous de nouvelles opportuni-tés
    pour développer nos relations.
    J'ai exprimé au président Zeroual
    notre soutien pour ses engage-ments
    tenus publiquement à ces
    fins. J'ai réaffirmé la condamnation
    par le gouvernement américain de
    l'utilisation de la violence à des fins
    politiques et nos profonds regrets
    suite aux pertes de vies inno-centes.
    Nous croyons que le rejet
    définitif de la violence et l'implica-tion
    de tous ceux qui rejettent la
    violence dans le processus poli-tique
    peut promouvoir la réconcilia-tion
    nationale.
    Au nom du gouvernement amé-ricain,
    je voudrais exprimer à tous
    les Algériens nos meilleurs vœux à
    la veille du mois de Ramadhan et
    nos sincères souhaits de prospéri-té
    et de paix à l'occasion de la
    nouvelle année.
    
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    Item 1-b
    El Watan
    December 21, 1997
    Page 2
    
    COMMERCE / Les ambitions
    de la Chambre algéro-américaine
    L'ambition est grande chez les
    responsables de la Chambre de
    commerce algéro-américaine
    dont l'acte de naissance vient
    d'être signé à Alger. En effet,
    parmi les nombreux objectifs
    qu'ils s'assignent, le plus impor-tant
    pour eux est de lever le
    "warning" qui pèse lourdement
    sur l'Algérie.
    Sky is a limit (le ciel est la limite)
    est le slogan qu'ils évoquent à pro-pos
    de l'éventualité d'un partenariat
    entre l'Algérie et les Etats-Unis.
    Les uns dans les autres, les objec-tifs
    visés touchent du doigt l'instau-ration
    de réseaux d'échanges com-merciaux
    entre les deux pays sur la
    base de contacts entre les hommes
    d'affaires algériens établis aux
    USA, les entreprises américaines
    et les animateurs des circuits com-merciaux
    en Algérie. Avec cinq
    sièges attribués à la Chambre algé-rienne
    de commerce et d'industrie
    (CACI), un siège pour l'APSI et un
    autre pour Sonatrach, la Chambre
    de commerce algéro-américaine se
    veut être le catalyseur et en même
    temps la courroie de transmission,
    entre les institutions les plus impor-tantes
    agissant dans la sphère éco-nomique
    nationale et leurs répon-dants
    aux Etats-Unis.
    La Chambre, par la voix de son
    président Hamou Meghdir, compte
    mettre en place un contact direct
    au profit de tout échange commer-cial
    dont la représentation se trou-ve
    dans un tiers pays. En clair, elle
    se propose de supprimer tout inter-médiaire
    et d'œuvrer pour l'ouver-ture
    de représentation américaine
    pour tout produit ou tout service
    américain devant être commerciali-sé
    en Algérie. L'intermédiation,
    dans sa grande majorité européen-ne,
    doit, selon Meghdir, disparaître
    dès que la Chambre algéro-améri-caine
    sera opérationnelle.
    "D'ailleurs, le fait de financer les
    échanges commerciaux en dollars
    est un atout pour l'Algérie
    puisqu'elle exporte ses
    hydrocar-bures en cette même monnaie",
    précise Djamel Darradji, vice-prési-dent
    de la Chambre. Pour l'instant,
    celle-ci a enregistré l'adhésion
    d'une quinzaine d'hommes
    d'affaires algériens vivant aux
    Etats-Unis et un certain nombre de
    sociétés américaines, notamment
    celles activant dans le domaine
    pétrolier. Il s'agit de AMOCO, une
    des sociétés pétrolières les plus
    importantes aux USA, Hulli Burton,
    spécialisée dans l'exploration
    pétrolière, Brown Root, société de
    services pétroliers et Edward &
    Kelcey, une société d'engineering
    et de communication.
    ———————————————
    Dynamique
    ———————————————
    D'autres sociétés américaines, à
    savoir FMC, Bechtel (construction),
    Texaco (pétrole) auraient aussi
    exprimé leur souhait d'y adhérer.
    Elle a aussi des représentants à
    Washington, à Boston, à La Nou-velle-
    Orléans et en Californie.
    Meghdir et Darradji insistent sur
    l'aide que pourrait apporter la
    Chambre aux opérateurs écono-miques
    intervenant dans le domai-ne
    de l'exportation. " Nous pouvons
    les assister en matière d'expertise
    en technologie, en marketing, en
    management et de
    réglementa-tion", estime le président." Pour peu
    que le produit algérien réponde aux
    trois critères, à savoir la qualité, la
    compétitivité en matière de prix et
    la régularité dans sa production, il
    n'y a pas de raison pour que nous
    n'aidions pas son exportateur à le
    commercialiser sur le marché
    amé-ricain ", affirme-t-il.
    L'importation de produits semi-finis
    des Etats-Unis peut, en outre,
    toujours selon le président, enclen-cher
    une dynamique de partenariat
    entre les Américains et les Algé-riens.
    Les animateurs de la
    Chambre ambitionnent, en plus
    d'intégrer le monde des affaires
    algérien, de prendre attache avec
    les milieux de la communication et
    de l'information aux fins de faire
    connaître l'Algérie aux Américains.
    Il s'agit, pour Darradji, de faire des
    reportages et des documentaires
    sur l'Algérie pour diffusion aux
    Etats-Unis.
    Pour que ces ambitions prennent
    forme, la chambre tient à constituer
    un véritable lobby pour lever le
    "warning" qui entrave toute
    démarche d'échanges algériens
    avec les milieux d'hommes
    d'affaires américains. Et la tradition
    américaine veut que ce lobby soit
    assez fort pour mettre un terme à
    ce genre d'embargo. Le risque
    Algérie n'étant pas important, la
    Chambre algéro-américaine s'attel-lera,
    selon ses responsables, à
    faire valoir toute possibilité de par-tenariat
    ou d'investissement sus-ceptible
    d'augmenter le volume
    d'échanges commerciaux entre
    l'Algérie et les Etats-Unis. En atten-dant,
    ils affirment être à la
    recherche d'un siège à New York.
    Ils reconnaissent vouloir récupérer
    celui de la mission algérienne
    actuellement inoccupé. Seul le
    gouvernement algérien peut tran-cher
    la question.
    
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    Item 1-c
    
    El Watan
    December 06, 1997
    Page 9
    
    PETROLE / Augmentation de la production
    de l'Algérie
    
    La production pétrolière algérienne s'élè-verait
    à 1,2 million de barils/jour durant l'an-née
    prochaine et pourrait atteindre 1,4 mil-lions
    barils/jours en l'an 2000. Ce qui place-rerait
    l'Algérie parmi les premiers produc-teurs
    de pétrole du continent africain.
    Les capacités de production actuelles, esti-mées
    à 1 million de barils/jour, connaîtront une
    expansion notable avec la réalisation du pro-gramme
    d'investissement de Sonatrach. Cette
    dernière a tracé, depuis quelques années, un
    programme de rénovation et de modernisation
    de ses structures de production en vue d'amé-liorer
    le taux de récupération et la découverte
    de nouvelles réserves de pétrole.
    Pour ce faire, Sonatrach prévoit d'investir un
    montant global de 18 milliards de dollars, dont
    l'apport financier et technologique des compa-gnies
    pétrolières étrangères est très attendu.
    On rappelle que le partenariat avec les firmes
    multinationales a déjà permis de porte les
    réserves de l'Algérie à 5 milliards de barils de
    pétrole. En plus des grandes découvertes
    effectuées dans le sud du pays, le Nord pour-rait
    également receler d'importants gisements
    pétroliers.
    Il en est de même pour les eaux territoriales
    du pays, susceptibles de couvrir des puits de
    pétrole sous-marins qui seraient mis en valeur
    dès la fin des explorations en off shore, pro-
    chainement lancées. En effet, la future bataille
    des explorations sera celle du Nord et si jamais
    l'existence de pétrole venait a être confirmés,
    l'Algérie grimperait de plusieurs places sur le
    classement des grandes producteurs de la pla-nète.
    Les découvertes réalisées jusque- là,
    notamment dans le bloc 404 en partenariat
    avec la campagnie américaine Anadarke,pour-ront
    augmenter la production actuelle de 300
    000 barils/jour. Outre le problème d'améliora-tion
    des réserves, Sonatrach est engagée dans
    la bataille du taux de récupération qui variant
    entre 30 et 40 %, reste relativement faible.
    L'objectif serait de ramener ce niveau de pro-duction
    à plus de 70 % en utilisant les
    méthodes nouvelles mises en place.
    Il reste à Sonatrach de faire face au lanci-nant
    problème du coût de production qui reste,
    entre 3 et 4 dollars par baril, relativement
    élevé, si on le compare aux coûts réalisés par
    les autres pays producteurs de pétrole. En
    attendant, la production et la commercialisation
    du gaz demeurent la force de frappe de
    Sonatrach. Selon le ministre de l'Energie,
    l'Algérie produit actuellement 20 millions de
    tonnes de GPL par an. Ce niveau de produc-tion
    qui augmentera de 2 millions de tonnes est
    destiné à l'approvisionnement de certains pays
    européens dont l'Italie, l'Espagne et le
    Portugal.
    
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    Item 1-d
    
    El Watan
    December 09, 1997
    Page 3
    
    COMMERCE EXTERIEUR / Un excédent
    de 5,01 milliards de dollars
    " Nous avons essayé de prendre
    le train en marche pour
    dévelop-per le système de contrôle
    doua-nier et faire face aux aléas de
    l'ou-verture au marché extérieur.
    Aujourd'hui, c'est l'arsenal
    juri-dique qui nous bloque à cause du
    retard dans la publication des
    textes d'application. Aidez-nous à
    aller plus vite...". C'est en ces
    termes que Brahim Chaib Cherif,
    directeur général des Douanes, a
    interpellé hier les membres de la
    commission de finances et de
    budget de l'Assemblée populaire
    ainsi que les présidents des
    groupes parlementaires, venus
    assister pour leur première sortie
    sur le terrain, à la journée Portes
    ouvertes sur les activités doua-nières
    organisée au siège du
    Centre national de l'informatique
    et des statisques (CNIS).
    M.Chaib Cherif a expliqué que le
    nouveau code des douanes déposé
    sur le bureau de l'Assemblée popu-laire
    a fait l'objet "d'une analyse très
    profonde. Une étude comparative
    avec les codes tunisien et marocain
    a même été faite afin d'éviter les
    erreurs et de l'adapter à la situation
    actuelle."
    Une situation qui a sensiblement
    influé, selon le directeur du CNIS,
    sur les résultats du commerce exté-rieur
    marqué au cours des dix pre-miers
    mois de l'année en cours par
    un excédent de la balance commer-ciale
    de l'ordre de 5,01 milliards de
    dollars US. Ce résultat est la consé-quence
    d'une diminution des impor-tations
    de près de 8,34 % (passant
    d'une valeur de 7,50 milliards USD
    durant les dix premiers mois de l'an-née
    1996 à 6,88 milliards USD pour
    la même période) et d'une augmen-tation
    du volume des exportations
    de 11,06 % (passant de 10,70 mil-liards
    USD en dix mois de l'année
    1996 à 11,88 milliards USD pour la
    même période) .
    Cet excédent, même si à l'échelle
    macroéconomique est bénéfique, à
    l'échelle microéconomique il est indi-cateur
    de la paupérisation de la
    société algérienne. En effet, l'excé-dent
    veut dire qu'il y a une forte bais-se
    de consommation dans notre
    pays du fait de la chérté de la vie.
    L'Algérien ne peut plus se permettre
    d'acheter comme il le faisait avant.
    En tout état de cause, cet excé-dent
    dans la balance commerciale
    s'est traduit, selon le document du
    CNIS, par un taux de couverture des
    importations par les exportations de
    l'ordre de 172,79 % durant les dix
    premiers mois de l'année en cours
    contre 142,60 % durant la même
    période de 1996. La structure des
    échanges extérieurs au cours, tou-jours,
    des dix premiers mois de 1997
    s'établit comme suit : Pour l'importa-tion,
    le groupe des biens d'équipe-ment
    (industriels et agricoles) occu-pe
    la première place avec 2,23 mil-liards
    USD soit 32,39 % du volume
    global des importations.
    En valeur absolue, l'importation
    de ces produits a connu une baisse
    de l'ordre de 19 millions USD, soit
    0,84 % par rapport aux chiffres de la
    même année.
    En deuxième position des impor-tations
    viennent les biens alimen-taires
    avec une quote-part de 29,30
    %, soit une baisse par rapport à la
    même période de l'année passée de
    plus de 55 millions USD ( 2,66 %).
    Selon les chiffres du CNIS, cette
    diminution a touché les produits dits
    de première nécessité, soit les
    légumes secs (-20,31 %), le café (-27,59
    %) et les viandes (-66,67 %).
    Les biens destinés au fonctionne-ment
    de l'outil de production occu-pent
    la troisième position des pro-duits
    importés avec un montant de
    1,82 milliard USD contre 2,11 mil-liards
    USD à la même période de
    1996; la baisse enregistrée est de
    13,80 % soit 291,5 millions USD en
    valeur absolue.
    Les biens de consommation non
    alimentaire occupent la dernière
    position des produits importés avec
    11,80 % du volume global, soit 811
    millions USD. Durant la même pério-de
    de l'année passée, ce groupe de
    produits a baissé de 24,31 % soit
    plus de 260 millions USD. Concer-nant
    les exportations, les hydrocar-bures
    continuent à occuper la pre -mière
    place de nos ventes à l'étran-ger
    avec 96,40 % du volume global
    soit 11,45 milliards USD en augmen-taion
    de 14,8 % par rapport à la
    même période de 1996.
    Les autres exportations représen-tent
    3,6 % avec un volume de 428
    millions USD. Ces dernières ont
    connu une diminution de près de
    40% par rapport à l'année passée.
    Ainsi, elles sont passées de 722 mil-lions
    USD à 428 millions USD.
    Selon le document du CNIS, cette
    baisse s'explique principalement par
    la chute de nos expéditions vers la
    Russie passant de 412 millions USD
    en 1996 à 19 millions USD. Le finan-cement
    des opérations d'importation
    s'est fait essentiellement par cash à
    raison de 75,41 % soit 5,18 milliards
    USD. Les lignes de crédit ont finan-cé
    18,45 % des importations soit
    127 milliards USD alors que 4,52 %
    des importations ont été financés
    par le recours aux comptes devises
    propres soit un volume de 311 mil-lions
    USD. Par contre les sans
    transfert occupent 1,62 % des
    importations soit 111 millions USD.
    Comparativement à la même pério-de
    de l'année 1996, les chiffres mon-trent
    une légère diminution des
    financements cash et une augmen-tation
    du financement par compte
    devise propre.
    ————————————————
    L'Italie, principal
    importateur de l'Algérie
    ————————————————
    Par ailleurs, dans les échanges
    extérieurs l'UE et l'Europe occidenta-le
    occupent la première place de
    nos importations soit 82,85 % et
    absorbent 87,17 % de nos exporta-tions.
    Les pays de l'UE sont à l'origi-ne
    de 58,72 % des importations et
    de 59,74 % de nos exportations.
    Par rapport à la même période en
    1996, le volume global des
    échanges a diminué de 672 millions
    de dollars USD pour les importations
    (soit 14,27 %). Par contre les expor-tations
    se sont accrues de 620 mil-lions
    USD (soit 9,58 %).
    Il reste que le principal client de
    l'Algérie est l'Italie qui absorbe plus
    de 21,77 % de nos exportations, sui-vie
    des USA avec 17,59 %, de la
    France avec 13,96 % et de
    l'Espagne avec 8,32 %. S'agissant
    des fournisseurs, la France occupe
    toujours la première place avec plus
    de 23 %, suivie des USA avec 10,35
    %, de l'Italie avec 8,98 % et de
    l'Espagne avec 7,12 %.
    Le volume des échanges avec les
    pays de l'UMA a enregistré une bais-se
    passant de 314 millions USD lors
    des dix premiers mois de 1996 à
    169 millions USD lors de la même
    période durant l'année en cours, soit
    une diminution de l'ordre de 80,50 %
    pour les importations et 25,51 %
    pour les exportations. Les pays
    arabes hors UMA ont connu une
    hausse en matière d'échanges com-merciaux
    puisque le volume global
    de ces pays est passé de 127 mil-lions
    USD à 210 millions USD (soit
    65,35 %). Par rapport aux prévisions
    de la loi de finances 1997 avec un
    montant de 79,6 milliards de dinars,
    le taux de réalisation en matière de
    produit de douanes s'élève à près
    de 75,22 %.
    Les recettes recouvrées dans le
    cadre du poste de la taxe sur la
    valeur ajoutée se sont élevées à
    40,8 milliards de DA, soit 4,73 %. A
    propos de la taxe spéciale addition-nelle
    (TSA), celle-i vient en troisième
    position avec une part de 4 % par
    rapport au total général des recettes.
    Le montant de ce poste a presque
    triplé passant de 1,71 milliard de DA
    durant les dix premiers mois de l'an-née
    1996 à 4,8 milliards de DA pen-dant
    la même période de l'année en
    cours.
    En outre l'intervention du directeur
    du service de la lutte contre les
    fraudes a été axée sur la mise en
    place d'un système de contrôle a
    posteriori pour faire face à toute
    forme de fraude d'autant que celle-ci
    a grandement évolué. Un autre inter-venant
    a expliqué que le contrôle au
    frontières est aujourd'hui aboli. " Il se
    fait à distance grâce à la banque de
    données. En Europe, par exemple, il
    n'y a plus de frontières. Le
    dédoua-nement se fait par ordinateur avant
    même que la marchandise n'arrive".
    A la fin des communications, les
    cadres douaniers ont montré aux
    députés le système informatique uti-lisé
    par l'institution.
    ————————————————
    Satisfactions
    ————————————————
    Ainsi, n'importe quel transitaire
    peut se connecter au réseau pour se
    renseigner sur n'importe quelle opé-ration
    douanière quel que soit l'en-droit
    où elle s'effectue. Les députés
    se sont réjouis de cette "performan-ce"
    mais ont regretté dans certains
    cas que les citoyens se plaignent du
    retard dans le dédouanement de
    leurs véhicules par exemple, ou du
    comportement des agents à leur
    encontre. D'autres parlementaires se
    sont interrogés sur le statut du doua-nier
    et des mesures incitatives qui
    sont à même de l'éloigner de la cor-ruption.
    M.Chaib Cherif a répondu claire-ment
    que les retards n'incombent
    généralement pas à son administra-tion
    mais plutôt à d'autres para-métres
    externes.
    Il a précisé que dans certains cas,
    le problème sécuritaire (fouille de
    certains véhicules et containers) et
    l'intervention des autres services de
    sécurité fait que l'opération de
    dédouanement prenne plus de
    temps.
    Il a annoncé également que son
    administration a pris la décision de
    faire payer les droits et taxes à tout
    excédent de bagage. " Il n'est plus
    question que ces marchands
    ambu-lants continuent à importer sans
    pour autant payer quoi que ce soit.
    Leur marchandise est
    automatique-ment saisie s'ils ne présentent pas
    de registre de commerce ou s'ils ne
    paient pas leurs droits et taxes", a t-il
    souligné.
    Salima Tlemçani
    
    ==================================
    Item 1-f
    El Watan
    December 06, 1997
    Page 2
    
    ALGERIE-FRANCE / Option
    pour la PMI
    La France compte bien
    rééquilibrer ses relations écono-miques
    avec l'Algérie, notam-ment
    pour éviter de laisser le
    champ libre à des concurrents
    d'Outre-Atlantique.
    La France réalise en moyenne
    annuelle l'équivalent de 15 mil-liards
    de francs français de ventes
    à destination de l'Algérie. En 1995,
    la France a réalisé un excédent de
    7 milliards de francs.
    Les récents contacts entre l'am-bassadeur
    français et les autorités
    algériennes ont mis l'accent sur la
    nécessité de l'intensification de la
    coopération économique et l'en-couragement
    de la création de
    PME.
    Le gouvernement français a
    également impulsé la finalisation
    d'une convention pour la protection
    des investissements. Des visites
    périodiques d'entrepreneurs fran-çais
    sont effectuées en Algérie
    pour mener des investigations sur
    les opportunités d'investissement,
    et certains contrats ont même été
    conclus.
    L'argument sécuritaire ne
    semble pas freiner le flux de
    coopération puisque même pen-dant
    les années les plus terribles
    qu'a eu à traverser l'Algérie, la pré-sence
    française a été toujours
    maintenue.
    En 1992, la France a réalisé
    une recette de 11 milliards de
    francs pour l'Algérie.
    Cette dernière a toutefois réussi
    à réduire de 1 milliard de dollars
    son déficit commercial avec la
    France.
    Ce pays actionne plusieurs
    leviers, dont le Centre français de
    développement, pour maintenir sa
    coopération avec l'Algérie.
    Ce centre présente une gamme
    diversifiée de services, à commen-cer
    par des stages de formation
    pour les cadres financiers du CPA
    et de la Finalep dont le CFD est
    actionnaire.
    ———————————————
    Réglementation rigide
    ———————————————
    Le CFD, qui dispose d'une
    antenne à Alger, est également
    chargé par le gouvernement fran-çais,
    depuis 1993, de mettre en
    œuvre un protocole de partenariat
    pour accompagner le développe-ment
    et la création d'entreprises
    algéro-françaises.
    Une enveloppe de 880 millions
    est destinée au financement de
    projets de production, de mainte-nance
    et de restructuration des
    entreprises publiques.
    Le CFD a accordé à l'Algérie au
    titre de l'aide projet, sous formes
    de prêts et de subventions, une
    enveloppe de 160 millions de
    francs en 1993 pour baisser de
    moitié en 1995 (72 millions). Ce
    chiffre a été reconduit pour 1996.
    Nos voisins ont régulièrement
    assisté par contre à une hausse de
    cette aide.
    La part de la Tunisie est de
    443,9 millions de francs en 1996
    alors qu'elle n'était que de 110 mil-lions
    en 1992.
    Selon le directeur de l'agence
    du CFD à Alger, Jean-Yves Clavel,
    les hommes d'affaires français
    sont intéressés par plusieurs seg-ments
    d'activité économique en
    Algérie mais la réglementation rigi-de
    dans certains secteurs ne per-met
    pas toujours l'aboutissement
    de relations d'affaires.
    A titre d'exemple, la Lyonnaise
    des eaux a exprimé son intérêt
    pour la distribution de l'eau
    potable, mais la tarification dissua-sive
    est pénalisante pour ce genre
    d'opérations.
    La libéralisation plus accrue des
    secteurs de ce genre par nos voi-sins
    explique peut-être la préféren-ce
    française à leur égard.
    D'ailleurs, même les Coréens
    semble opter pour ces pays, alors
    que les négociations avec des
    groupes industriels de ce pays
    étaient enclenchées.
    Karim Saber
    
    
    




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